La mémoire cellulaire : Les idées de Mott sur l'empreinte prénatale

"Un enfant allongé écoutant de la musique, lié au programme Soutien aux TSA , symbolisant les connaissances de Mott sur la mémoire prénatale dans The Nature of the Self.


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Dans The Nature of the Self (1959), Alfred Mott étudie l'influence profonde des expériences prénatales sur le développement psychologique, suggérant que les sensations physiques précoces façonnent les schémas émotionnels tout au long de la vie. Cette section explore la façon dont la mémoire cellulaire commence in utero, en retraçant les traits émotionnels tels que la résistance à l'aide ou aux conseils à partir d'événements prénataux spécifiques. Mott propose un seuil de développement critique et souligne l'impact durable de ces empreintes. Ce billet résume ces idées, offrant une fenêtre sur les origines prénatales du comportement humain.

Les racines des traits émotionnels

Mott illustre sa théorie par le cas d'un individu qui manifeste une forte aversion à recevoir de l'aide ou des conseils. Traditionnellement, de tels traits peuvent être attribués à une dynamique émotionnelle, comme un père dominateur, mais Mott les fait remonter à des origines physiques. Il cite l'exemple d'un nourrisson qui rejette le mamelon de sa mère placé dans sa bouche, un rejet primitif qui évolue vers une résistance psychologique. C'est l'un des nombreux cas où les sentiments actuels découlent d'expériences physiques précoces, ce qui suggère que la vie émotionnelle est profondément enracinée dans les premiers instants du corps.

Cette approche remet en question la psychologie conventionnelle, en déplaçant l'attention des émotions abstraites vers les sensations prénatales tangibles. Les exemples de Mott, bien que spécifiques, illustrent largement sa conviction que les caractéristiques psychologiques sont ancrées dans les premiers instants du corps.

Le seuil de développement

Toutes les sensations physiques ne se transforment pas en émotions, prévient Mott. Il identifie une ligne de démarcation dans le développement, au-delà de laquelle les sensations physiques ne se transforment plus en états psychologiques. La date exacte de ce seuil varie, mais Mott estime qu'il se situe entre cinq et sept ans, sur la base d'une "estimation éclairée". Avant ce seuil, les expériences physiques s'impriment profondément ; après, elles restent physiques sans résonance psychologique.

Cette hypothèse suggère l'existence d'une fenêtre critique dans la petite enfance où le cerveau et le corps sont exceptionnellement réceptifs. La variation entre les individus peut être minime, ce qui implique une influence prénatale universelle qui façonne les fondements émotionnels, l'utérus étant l'étape initiale.

La persistance des empreintes prénatales

Mott insiste sur la durabilité de ces premières empreintes, affirmant qu'elles résistent au passage du temps. Les expériences sensorielles de l'utérus, préservées avec intensité, refont surface sous l'effet de stimuli spécifiques, se déployant comme un télescope ou un éventail. Cette mémoire, liée à la vie cellulaire dès le moment de l'existence, s'étend tout au long du développement embryonnaire jusqu'au vestibule et à l'oreille interne, pour finalement se répandre dans le cerveau. Les personnes qui ne bénéficient pas d'un apport sensoriel précoce sont considérées comme les plus démunies en matière de mémoire, ce qui souligne le rôle de l'utérus en tant que forge de la mémoire.

Cette persistance met en évidence un fil continu entre la vie prénatale et la vie postnatale. La force de ces impressions, réactivées par des déclencheurs sensoriels, suggère que l'environnement initial du fœtus laisse une marque indélébile, influençant le comportement et l'identité à long terme.

Implications pour la compréhension du soi

Le concept de mémoire cellulaire a des implications importantes pour la compréhension du soi. La théorie de Mott postule que les expériences sensorielles du fœtus - mouvement, toucher, son - construisent une conscience fondamentale qui façonne les réponses spatiales et motrices. Cette mémoire sensori-motrice, établie in utero, guide la façon dont les individus naviguent dans leur environnement, de l'utérus au monde.

L'idée que la mémoire précède l'expérience consciente remet en question les points de vue traditionnels, suggérant une identité préformée enracinée dans la vie prénatale. Cette perspective invite à explorer davantage la façon dont les sensations précoces façonnent la résilience et l'adaptabilité psychologiques.

Un héritage prénatal

The Nature of the Self présente l'utérus comme un creuset de la mémoire et de l'identité. Du rejet d'un mamelon à l'établissement d'un seuil de développement, Mott révèle comment les empreintes prénatales façonnent la conscience émotionnelle et spatiale. Cet héritage, préservé par la mémoire cellulaire, offre une nouvelle perspective sur le développement humain, soulignant l'influence durable de l'utérus.

Référence : Mott, Francis J. La nature du moi. (1959). Disponible à l'adresse : https://a.co/d/8foLLPm.

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