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Le lien entre le son, le cerveau et la guérison des traumatismes offre une piste intéressante pour l'exploration thérapeutique, enracinée dans les principes de l'audio-psycho-phonologie (APP) d'Alfred Tomatis. Un article adapté de Kay Hogan examine comment le système réticulaire activateur (SRA) et le système vestibulaire, auxquels on accède par l'oreille, influencent l'énergie, l'apprentissage et le comportement, en particulier dans le contexte d'un traumatisme. Ce billet résume les effets physiologiques des traumatismes, le rôle de la stimulation auditive dans le recalibrage du cerveau et les avantages potentiels pour surmonter les difficultés associées.
Le rôle du système activateur réticulaire
Selon Tomatis, la fonction première de l'oreille est de "charger" le cerveau et le corps en énergie, ce qui alimente la pensée, la réflexion et la créativité. Cette recharge s'effectue par l'intermédiaire du système vestibulaire, la porte d'entrée de l'oreille dans le cerveau, qui envoie des informations au SRA dans le tronc cérébral. Dès la naissance, le SRA "réveille" le néocortex, améliorant la réactivité aux données de l'environnement et favorisant l'apprentissage. Le mouvement et l'activation vestibulaire sont essentiels, car l'inactivité nuit à ce processus, selon Carla Hannaford dans Smart Moves. Le SRA régule l'éveil, le sommeil et les états intermédiaires, ce qui rend son bon fonctionnement essentiel à la santé cognitive et émotionnelle.
Ce rôle fondamental souligne l'influence de l'oreille sur le développement neuronal, conformément à la théorie du son prénatal de Tomatis.
L'impact physiologique du traumatisme
Les traumatismes peuvent perturber le système vestibulaire et le SRA, entraînant une dysmétrie des muscles extraoculaires - des mouvements oculaires déséquilibrés provoquant un dépassement ou un sous-dépassement pendant la lecture, ce qui contribue à la dyslexie. Cette surcompensation nuit à la concentration et à la mémoire. Le dysfonctionnement du SRA se manifeste également par une hyperactivité ou une hypoactivité, ou par une alternance des deux, ce qui entraîne l'épuisement. Lorsque l'oreille ne parvient pas à alimenter le cerveau en sons, les individus peuvent s'autostimuler par des comportements compulsifs - parler, se laver les mains ou même jouer au golf de manière excessive - et tomber dans l'addiction s'ils interfèrent avec les domaines de la vie.
Ces schémas, qui commencent dès l'enfance, s'aggravent en l'absence d'intervention, épuisant l'énergie et la résilience.
Symptômes de la perturbation vestibulaire
Un mauvais fonctionnement du système oto-vestibulaire, souvent dû à un traumatisme, présente divers symptômes : difficulté à comprendre la position du corps dans l'espace, perte d'équilibre, prédisposition aux accidents, mouvement constant ou léthargie, envahissement de l'espace et mauvaise posture avec affaissement du corps - appelé "noodling" par Hannaford. Ces problèmes, s'ils ne sont pas résolus chez les jeunes, persistent à l'âge adulte, amplifiant l'épuisement au fil du temps. Le rôle du RAS dans la coordination de ces fonctions souligne la nécessité d'une restauration ciblée.
Ce spectre d'effets illustre l'empreinte neurologique profonde du traumatisme, qui nécessite des approches innovantes.
Le potentiel de guérison du son
La stimulation auditive, inspirée des méthodes de Tomatis, recalibre le SRA par l'oreille, s'attaquant ainsi à ces symptômes. En rechargeant le cerveau, elle atténue la dyslexie, équilibre les niveaux d'activité et réduit les comportements compulsifs. L'amélioration de la fonction vestibulaire renforce la conscience spatiale, la coordination et la posture, ce qui atténue les conséquences physiques des traumatismes. Ce processus rétablit la capacité du cerveau à traiter les données environnementales, ce qui favorise l'apprentissage et la stabilité émotionnelle.
Cette voie thérapeutique propose le son comme outil pour inverser les effets physiologiques du traumatisme.
Mécanismes d'action
Le système vestibulaire, lié au SRA, s'appuie sur le mouvement et le son pour activer le néocortex. Les traumatismes perturbent ce système, mais un apport auditif structuré - imitant les fréquences enrichissantes de l'utérus - peut réveiller ces voies. Le rôle de l'oreille dans la recharge du cerveau, comme l'a souligné Tomatis, favorise la récupération cognitive et motrice, tout en réduisant la réaction de lutte ou de fuite liée au syndrome de stress post-traumatique. Ce recalibrage s'aligne sur les rythmes naturels du corps, ce qui favorise la guérison.
Ce mécanisme fait écho à la croyance de Tomatis dans le pouvoir énergétique du son, offrant une base physiologique à la thérapie.
Lien avec les thèmes prénataux et thérapeutiques
Les résultats sont en accord avec les cadres prénataux de Tomatis et de Francis Mott. Tomatis a mis en évidence les hautes fréquences de la voix de la mère en tant qu'énergisant du cerveau dès l'utérus, tandis que Mott a exploré les empreintes sensorielles précoces qui façonnent le comportement. La perturbation de la fonction vestibulaire due à un traumatisme reflète les réflexes prénataux non intégrés, que les deux théoriciens ont associés à des problèmes ultérieurs. Le potentiel réparateur de la stimulation auditive s'aligne sur leur point de vue selon lequel le son guérit les déficits induits par le développement ou les traumatismes.
Cette connexion fait le lien entre la théorie prénatale et la thérapie moderne des traumatismes.
Implications pour un soutien holistique
Le rôle de l'oreille dans la guérison des traumatismes suggère une approche holistique, portant sur les domaines cognitif, moteur et émotionnel. Une intervention précoce par le son pourrait prévenir l'épuisement à long terme, en aidant les enfants comme les adultes. Cette méthode peut être intégrée dans les pratiques thérapeutiques, offrant un complément non invasif aux traitements traditionnels des affections liées aux traumatismes.
Cette application élargit le champ d'application de l'intervention auditive.
Un héritage de guérison par le son
Cette exploration présente la stimulation auditive comme un outil puissant pour la guérison des traumatismes, en s'appuyant sur la vision de Tomatis. De la restauration des fonctions cérébrales à l'amélioration de la résilience, elle affirme le potentiel transformateur du son, enraciné dans les principes prénataux et physiologiques. Cet héritage encourage la poursuite des recherches, promettant des avancées dans le domaine du bien-être mental et physique.
Référence : Adapté de Hogan, Kay. "The Physiological Affects of Trauma and the Benefits of Tomatis-Based Sound Stimulation". Disponible à l'adresse : www.kayhogan.com.